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Le souci du recrutement des équipages pour la Marine Royale (et plus tard Nationale) a conduit Colbert à prendre, en 1668, un décret sur l'enrôlement et recensement des gens de mer et à organiser en 1670 un système de conscription par "Classes". Nous allons présenter ici brièvement cette institution et son évolution jusqu'à ce qu'elle devienne "l'Inscription Maritime", ainsi que son organisation sur notre territoire.
Les Commissaires aux Classes Le décret de 1668 et un certain nombre d'ordonnances à suivre en en 1669, 1670 et 1673, va créer une nouvelle administration entièrement consacrée à la gestion des marins et de tous ceux que leur métier pouvait appeler à servir sur les vaisseaux du Roi, ceux qu'on qualifiera du beau vocable de "Gens de Mer". La responsabilité de cette administration est confiée à des "Commissaires aux Classes" Avant ce système réglementé, le recrutement pour compléter les équipages volontaires, se faisait sous la contrainte, par "La Presse", c'est à dire par de véritables razzias parmi les populations de paroisses littorales. On imagine aisément l'arbitraire et les ressentiments que ce système engendrait. Il était de plus inefficace, et pouvait déstabiliser l'économie des populations qui le subissait Tout en constituant encore une servitude, le système de Colbert améliorait la condition des populations littorales et, à ce titre concernait au premier chef les habitants de nos paroisses. Rapidement le système progressera encore par la création par l'Edit de Nancy, du 22 septembre 1673, de la "Caisse des Invalides". Ajoutée à la pension viagère de deux écus par mois, créée en 1670, au profit de tous les anciens militaires, les marins se voyaient ainsi dotés du premier régime de Sécurité Sociale. Le principe des Classes était un système de roulement de la conscription des marins embarqués sur les navires du Roi, en fonction de leur "classe". Chez nous, dans le Ponant les marins étaient répartis entre 4 classes (3 seulement dans le Levant), appelées à servir à tour de rôle. Ce système s'accompagnait d'une "demi-solde" pour les matelots appelés par leur classe, qui n'étaient pas embarqués et se retrouvaient ainsi mobilisés mais sans emploi. Le système des classes sera précisé dans l'Ordonnance de 1689 pour les Armées Navales et les Arsenaux de Marine, Livre Huitième, Titre Premier "De l'Enrôlement des Officiers mariniers, matelots ou gens de mer" A partir de 1720 la demi-solde à terre fut supprimée, mais avec un système des classes assoupli qui durera jusqu'en 1784. Incidemment l'administration des Classes, qui deviendra plus tard l'Inscription Maritime, génèrera de précieuses archives (objet d'un autre article) dont beaucoup sont parvenues jusqu'à nous, au moins depuis 1751. Par ordonnance du 27 septembre 1776 sont créés les "Syndics des Classes" qui assistent las Commissaires aux Classes. Une autre ordonnance du 31 octobre1784, remplace le système des "classes" par un système "à tour de rôle" et les "Syndics des Classes" deviennent "Syndics des Gens de Mer". Par ailleur une pension sera instituée pour les anciens marins de plus de 50 ans ayant au moins 25 ans de service ou de navigation. Ne pouvant plus être appelés, ils sont inscrits sur les registres matricule "hors-service". Cette pension dite "demi-solde" (le terme officiel est "concession") sera bonifiée pour ceux qui ont servi 6 ans sur les bâtiments de l'État, en fonction des enfants de moins de 10 ans, après 60 ans ou pour infirmités contractées au service. Les veuves percevaient aussi cette pension. Les Registres Les commissaires au classes et syndics des gens de mer tenaient scrupuleusement des "Registres matricules", où étaient inscrits tous les "gens de mer", c'est à dire tous ceux qui pouvaient êtrs appelés à servir sur les vaisseaux du Roi. A l'origine tous les habitants des paroisses du littoral étaient donc concernés ; après 1795, quand le système devint "l'Inscription Maritime" (créée par une loi du 3 brumaire de l'an IV, seuls ceux, de 18 à 50 ans, dont le métier était lié à la mer furent "inscrits" et donc susceptibles d'être "levés". Les registres matricules étaient organisés en fonction du grade ou des fonctions :  Case matricule d'Officier (1746) Ouvriers- Mousses (de 11 ans et 9 mois, puis de 14 à 16 ans)
- Novices (de 16 à 18 ans)
- Matelots
- Officiers Mariniers
- Pilotes
- Maîtres au cabotage
- Capitaines
- Hors service (agés de plus de 50 ans ou invalides)
après 1865 - Inscrits provisoires regroupe les Mousses et les Novices
- Inscrits définitifs regroupe les Matelots et les Officiers Mariniers
Ces registres et les matricules étaient régulièrement renouvelés, et ceci simultanément dans tous les quartiers. En plus de la tenue des registres MG "matricule des gens de mer", les commissaires au classes (devenus en 1836 "Commissaires de l'Inscription Maritime") tenaient des registres : - MB, "matricules des bâtiments", où étaient inscrites toutes les embarcations aptes à naviguer sur mer,
- RA et RD, "registres d'armement" et "registres de désarmement" des navires
 Rôle d'équipage et enfin les RE "rôles d'équipages", qui devaient être tenus en double "de bord" (à bord du navire) et un autre "de bureau" au bureau de l'administration). Ces rôles étaient contrôlés avec la plus grande attention, car de leur sincérité dépendaient, entre autre, le payement à la Caisse des Invalides, alimentée par une retenue de "six deniers par livre" (2,5%) sur la solde des équipages (et on imagine bien que, ce qu'on nomme aujourd'hui la "fraude à la Secu" ne date pas d'hier...). Notons enfin qu'à partir de 1825, en complément à celui de l'Inscription Maritime et aux Volontaires, un recrutement proprement dit se fera dans les mêmes conditions que pour l'Armée de Terre. L'Inscription Maritime sera supprimée en 1952 Organisation territoriale À sa création, comme souvent pendant l'Ancien Régime, l'organisation territoriale de recensement des gens de mer se calqua sur celle des autorités religieuses, avec une répartition des inscrits maritimes par évêché (décret du 4 septembre 1669). En 1689 l'organisation sera précisée avec la création de 6 "département maritimes". A partir de 1734, au sein de chaque département maritime, les paroisses seront regroupées en "Quartiers", ayant à leur tête un "Commissaire aux classes". Les quartiers seront d'abord divisés en "Sous-quartiers" puis, en 1809, en "Syndicats", regroupant un nombre variable de communes, la répartition des communes dans les syndicats étant. variable dans le temps. Pour nos paroisses : En 1734, nos 10 paroisses dépendent du quartier des classes du Conquet, qui en regroupe 30, allant de Plougonvelin à Plouguin. En 1800, le quartier du Conquet est divisé en 3 syndicats (Le Conquet, Ouessant et Porspoder). Nos 10 communes dépendent du syndicat de Porspoder, quartier du Conquet. Pour Landunvez et Ploudalmézeau les entités rattachées sont "Argenton" et "Portsall", ce qui ne change pas grand chose... En 1809, la quartier du Conquet deviendra un sous-quartier dépendant de Brest, et nos communes (dont explicitement Landunvez et Ploudalmézeau) dépendent alors du syndicat de Porspoder, sous-quartier du Conquet. En 1846, le quartier du Conquet est absorbé par Brest et un syndicat de l'Aber-Wrach a été détaché de Porspoder vers 1816. Nos communes se retrouvent réparties entre - le syndicat de Porspoder, quartier de Brest (Brélès, Landunvez, Lanildut, Ploudalmézeau, Plouguin, Plourin et Porspoder) et
- le syndicat de l'Aber-Wrach, quartier de Brest (Lampaul-Ploudalmézeau et Saint-Pabu).
NB. : Tréouergat n'est plus considérée comme commune sujette à l'inscription maritime.
En 1883, Le Conquet et l'Aber-Wrach (sous-quartier depuis 1861) sont érigés en quartier et la répartition de nos 9 communes "maritimes" devient : - syndicat de Porspoder, quartier du Conquet pour Brélès, Landunvez, Lanildut, Ploudalmézeau, Plourin et Porspoder,
- syndicat de l'Aber-Wrach, quartier de l'Aber-Wrach pour Lampaul-Ploudalmézeau, Plouguin et Saint-Pabu.
NB.: Plouguin a changé de syndicat.
En 1892, enfin (rien n'est simple), le quartier de l'Aber-Wrach est supprimé et fondu dans celui du Conquet, avec, pour nous, la répartition : - syndicat de Porspoder, quartier du Conquet pour Brélès, Landunvez, Lanildut, Ploudalmézeau, Plourin et Porspoder,
- syndicat de l'Aber-Wrach, quartier du Conquet pour Lampaul-Ploudalmézeau, Plouguin et Saint-Pabu.
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